ARIN

Alliance pour le Rayonnement International Napoléonien

Rochefort et île d’Aix du 27 au 30 juin 2024.

Du 27 au 30 juin, présence à Rochefort au Festival des Sœurs Jumelles initié par Julie Gayet. De beaux spectacles (MC Solaar, Clara Ysé, Etienne Daho…), des débats passionnants et de belles rencontres notamment : Mercédès Herrera, Faustine Fleuret, Christine Zhao, Eric Debegue …
Nous en avons profité pour visiter l’île d’Aix. Napoléon y passa 3 jours en juillet 1815 après Waterloo et sa deuxième abdication et avant de se rendre aux Anglais, puis de partir pour Sainte Hélène.
Après Sainte Hélène en janvier, l’île d’Elbe en mai, c’est la troisième île « napoléonienne » que nous avons eu le chance de pouvoir visiter cette année.

Départ de Fouras par le ferry. Sur l’île, pas de voitures. Circulation à pied ou à vélo. En premier bien sûr visite de la « maison Napoléon », ancienne résidence du commandant militaire de l’île, rachetée par un descendant du Baron Gourgaud (qui avait accompagné l’Empereur à Sainte Hélène) transformée en musée par ses soins, et maintenant musée national.

En dehors de la « Maison napoléon », l’île vaut le détour pour sa sérénité rythmée par les allers-retours du ferry. Le tour de l’île à vélo permet de voir tranquillement toutes ses richesses : l’église, le sémaphore, les deux phares ; ses anciennes fortifications, la mairie, ses plages (grandes et petites) et la richesse de sa flore et de sa faune (notamment plus de 200 espèces d’oiseaux).

Voyage à l’île d’Elbe du 8 au 12 mai 2024.

Après un voyage à Sainte-Hélène en janvier, nous voici repartis, remontant le temps napoléonien, toujours avec David Chanteranne, écrivain-historien, pour un voyage à l’île d’Elbe du 8 au 12 mai. Ce voyage avait été organisé par la délégation du Souvenir Napoléonien Ile de de France et son président Michel Inglebert, avec le concours de Simon Doillon.
Avion jusqu’à Milan, bus de Milan à Piombino puis le ferry jusqu’à Portoferraio ville principale au nord de l’île d’Elbe en face la côte italienne de Toscane.

Napoléon 1er séjourna à l’île d’Elbe du 4 mai 1814 au 26 février 1815. A l’époque, l’île était française. Ce fut son premier exil décidé par les Alliés après sa première abdication. Bien que surveillé, il était souverain de l’île et conservait son titre d’Empereur. Il s’échappa fin février 1815 et reprendra le pouvoir en France pour ce qu’on appellera « les 100 jours ».

La Villa San Martino.

A 4,5 km de Portoferraio, Napoléon avait choisi cette villa dans une fraiche vallée comme résidence estivale. La grande galerie en dessous de la villa a été construite en 1851 par le Prince Anatole Demidoff qui avait épousé Mathilde la fille de Jérôme Bonaparte.

Villa dei Mulini (Villa des Moulins).

C’est dans cette grande bâtisse entourée de jardins, entre deux forts, dominant d’un côté Portoferraio et de l’autre la Méditerranée, que Napoléon s’installa. Il occupait le rez-de-chaussée et au premier étage se trouvaient les salles d’apparat et les appartements de sa sœur Pauline. Sa mère Letizia, Madame Mère, occupait une bâtisse un peu en dessous.
Avant de s’installer à la Villa dei Mulini, Napoléon avait habité quelque temps à l’Hôtel de Ville dans l’appartement du premier étage où avait habité le chef de bataillon Joseph Hugo avec son jeune fils qui deviendra le célèbre Victor Hugo.
A la Villa dei Mulini, nous avons rencontré les amis d’une délégation du Souvenir Napoléonien de Nice qui visitaient aussi l’Ile d’Elbe.

Tour de l’île.

La Plage de Pauline, où cette dernière aimait venir se baigner puis Marciana Marina avec son port où Maria Walewska arriva avec son fils Alexandre le 1er septembre 1814 et surtout Marciana village haut perché et encore plus haut l’Ermitage de la Madona où Napoléon reçut Maria Walewska après son arrivée. Le chemin, bordé des 14 stations d’un chemin de croix est assez rude pour arriver en haut, mais quelles vues en montant et quel lieu enchanteur ! La descente fût peut-être encore plus rude.

Ensuite à Poggio, la Fontaine Napoléon dont l’Empereur appréciait l’eau pour ses vertus curatives. Et beaucoup d’autres choses dont le cimetière très spécial de San Ilario in Campo ou encore la plage de Marina di Campo, puis Lacona où Napoléon essaya de labourer avec des « bœufs rebelles ».

Retour à Milan.

Le ferry jusqu’à Piombino (1h), le bus jusqu’à Milan (4h) puis visite de la ville l’après-midi et le lendemain avant de prendre l’avion pour le retour à Paris. La pinacothèque de Brera, le « château », la Porte de la Paix (Arc de triomphe), la statue équestre de Napoléon III érigée après la victoire de Solférino, la Scala, la Galerie Victor Emmanuel et la cathédrale Duomo où Napoléon a été couronné Roi d’Italie le 26 mai 1805 avec la « couronne de fer » des Lombards qu’avait portée Charlemagne.

Voyage à Sainte-Hélène du 18 au 28 janvier 2024.

Du 18 au 28 février 2024 nous avons effectué, avec quelques amis, autour de David Chanteranne écrivain et historien spécialiste du Consulat et de l’Empire, un voyage à Sainte-Hélène avec escales à Johannesburg à l’aller et au retour. Accompagnés par Pascal Laparlière spécialiste de l’île, nous avons été accueillis dès notre arrivée par Michel Dancoisne-Martineau le Consul de France directeur des domaines nationaux (les Briars, Longwood house et la vallée du tombeau).

1. Sainte Hélène :

Sainte-Hélène est une petite île perdue dans l’Atlantique sud (à 2000 km des côtes africaines et 3000 km du Brésil) où Napoléon 1er a été envoyé en exil, gardé par les Anglais, de 1815 jusqu’à sa mort en 1821.
Que l’on arrive par avion ou par la mer, c’est une île d’aspect très aride, sans arbres avec des falaises qui plongent dans l’océan, , mais les vallées intérieures sont verdoyantes. Les sommets sont battus par les vents et recouverts de brume le soir. Quelques plages de sable noir existent au fond des baies qui avaient été toutes fortifiées par des murs avec des canons, dès l’époque de la Compagnie des Indes. Du haut de quelques sommets ou des falaises abruptes il existe de très beaux points de vue des vallées ou de la côte découpée avec des paysages lunaires.
Nous avons eu de la chance, lors de la croisière en bateau vers South West Point, des centaines de dauphins nous ont accompagné et un requin-baleine de plus de 10m de long est venu nager contre notre bateau. Passage devant l’île aux oiseaux recouverte de guano blanc.

2. Jamestown :

Jamestown est la capitale, au fond d’une vallée dans le nord de l’île, coincée entre deux versants de montagne, recouverts maintenant de grillages pour éviter les éboulements de rochers.
Petite ville de 900 habitants, avec une rue centrale donnant sur la place avec une église, les bureaux du Gouverneur, le musée, les archives, le palais de justice et la prison. Quelques magasins, deux ou trois hôtels, le marché et la poste. Derrière St James Church, à côté du musée, trône la fameuse échelle de Jacob (Jacob’s ladder). Composée, à l’origine, de 2 rails de chaque côté d’un escalier de 699 marches (qui existe toujours et que nous avons descendu avec David Chanteranne), elle servait à remonter vers le fort, les lourds colis arrivés par bateaux. Elle était activée par une énorme roue en bois posée à plat en haut et actionnée par des chevaux qui tournaient autour.
Côté océan, pas de quai pour s’amarrer. Les gros navires restent au large et les débarquements s’effectuaient en baleinière et maintenant avec des petits bateaux. Un peu plus à l’ouest a été construit récemment un quai à Rupert’s Bay (où nous nous sommes baignés) pour débarquer le carburant et les matières premières.

3. Les Briars :

Ce fût le premier site où résida Napoléon après son arrivée. Le propriétaire d’alors avait proposé de l’héberger avec sa suite dans sa grande résidence coloniale avant que Longwood House soit prête, mais Napoléon n’avait pas voulu. Il avait préféré le pavillon composé d’une seule pièce, sur un monticule dans le jardin. L’essentiel de sa suite (quelques Généraux avec épouses et serviteurs) était resté à l’hôtel à Jamestown. Le pavillon des Briars, légué à la France, a été très bien rénové par le Consul. C’est d’ailleurs ce dernier qui nous fît visiter le pavillon.
Il avait aussi prévu dans sa voiture les deux gerbes que nous devions déposer au tombeau.

4. Longwood House :

C’est le cœur des « pèlerinages », la « Mecque » des napoléoniens. C’est là dans une grande demeure au sommet d’une colline frappée par les vents, humide que Napoléon fût gardé prisonnier jusqu’à sa mort. Condamné par le Congrès de Vienne, les Anglais étaient chargés de sa surveillance. 1500 soldats dormaient sous la tente à Dead Wood Plan, non loin de Longwood House, plusieurs navires anglais barraient au large et toutes les vallées avaient été militarisées. Napoléon avait un périmètre qui lui était attribué, des postes de gardes (comme Hutts Gate) existaient à chaque extrémité de la zone. S’il voulait aller plus loin, il lui fallait l’autorisation du Gouverneur britannique à condition d’être accompagné de soldats anglais. Il s’était toujours refusé à demander une autorisation pour bien montrer qu’il était prisonnier.
Longwood House a été restaurée par le Consul qui nous la fit visiter de long en large. Le bâtiment est maintenant hors d’eau et moins humide qu’à l’époque de Napoléon. La partie dite « l’aile des généraux » a été entièrement reconstruite avec petit musée, boutique de livres et de souvenirs et possibilité d’hébergement.
Le bâtiment principal en dur où a vécu Napoléon a été assaini et redécoré au plus près de l’état où il était en 1821 au moment de sa mort. Dans la bibliothèque de Napoléon, le Consul nous proposa de signer le livre d’or. Nous l’avons fait avec les signatures des tampons originels ayant appartenus à Cambacérès (acquis chez Osenat).

5. Le tombeau :

C’est dans la « vallée du géranium » ( comme il l’appelait lui-même) que Napoléon fût enterré à sa mort en 1821, jusqu’au rapatriement de ses cendres en France en 1840.
Le tombeau vide est toujours dans cette vallée, dénommée maintenant « la vallée du tombeau ». Le site a été bien dégagé, drainé et réaménagé par les soins du Consul, mais la tombe est toujours là telle-quelle était en 1821.
Le Consul nous a aidé dans notre souhait de déposer deux gerbes (achetées par lui-même sur place), l’une au nom de « Cambacérès-ARIN » et l’autre au nom de « La République de Montmartre ».
Le Consul avait fait tendre un grand drapeau bleu-blanc-rouge et était à nos côtés avec David Chanteranne, pour ce dépôt de gerbes. Après cette cérémonie, nous avons ,toutes et tous, entonné la Marseillaise. Souvenirs inoubliables !!!

6. Plantation House et Jonathan, la tortue de 192 ans :

Après le départ du Prince Edward Duc d’Edinbourg, de passage dans l’île et que nous avons pu rencontrer, nous avons visité Plantation House la résidence officielle des Gouverneurs britanniques depuis le XIXème siècle et vu dans le parc la fameuse tortue Jonathan de 192 ans qui serait le plus vieil animal terrestre.

7. Autres sites de l’île :

Sandy Bay, Fort High Knoll, la cathédrale Saint Paul, le cimetière des Boers, South West Point, Blue Hill, le mémorial aux esclaves ( à Rupert’s Bay) les reboisements de gommiers et les plantations de café.
En quittant Sainte Hélène, nous avions toutes et tous la conscience d’appartenir à une « confrérie » très restreinte des « pèlerins » de Sainte Hélène qui ont vu le « tombeau vide de l’Empereur ».

Boulogne-sur-Mer 03 septembre 2022